Deuxième enquête de la cellule Sakura, et je peux vous dire que je l’attendais comme le messie après mon énorme coup de cœur pour La colère d’Izanagi. Avec trop d’attentes, le risque de déception plane toujours. Alors, oui, j’espérais autre chose, j’avais envie que l’auteur m’attrape à la gorge comme il sait si bien le faire, mais Cyril Carrère n’est pas du genre à recycler une recette qui marche. Lui, il aime se mettre en danger, explorer, surprendre, et finalement ça fonctionne aussi très bien.
Ici, pas de rebondissements tonitruants ou de twist déconcertant, mais une plongée fascinante dans un Japon à double visage : celui, propre, lisse et rassurant, que l’on connaît, et celui, souterrain et précaire, où survivent les évaporés. Une fracture sociale invisible que l’auteur met en lumière avec force et justesse. Un sujet aussi méconnu que sidérant : celui des johatsu, ces “évaporés” qui disparaissent volontairement, chaque année par milliers, pour recommencer une vie ailleurs, dans l’ombre. Une thématique dingue, portée par une plume immersive qui fait ressentir la pluie sur la peau, les odeurs de rue, la moiteur des quartiers où se cache une autre réalité.
Un voyage littéraire qui nous emmène loin de nos codes européens et nous confronte à une culture qui déroute autant qu’elle fascine.
J’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver Hayato et Noémie (même si, j’avoue, je les aurais aimés plus au premier plan, et ils arrivent un peu tard dans le récit à mon goût). L’accent est mis avant tout sur l’intrigue, dense et documentée, et on sent derrière chaque page le travail colossal de recherche. Ce choix rend forcément l’ambiance plus grave et les répliques moins piquantes, mais c’est cohérent avec le sujet.
Et puis, il faut le dire : c’est un roman que j’ai traîné un peu, contrainte par mes obligations. Je suis certaine que je l’aurais apprécié encore davantage si je l’avais englouti d’une traite et finalement je regrette de l’avoir fait durer et de ne pas avoir été plus disponible pour cette lecture.
C’est un très bon roman, original et dépaysant, qui laisse une empreinte durable et confirme que la cellule Sakura est une série à part et à suivre.
Si vous ne connaissez pas encore, je vous conseille de commencer par La colère d’Izanagi pour savourer pleinement le fil qui relie les deux. Moi, je trépigne déjà pour la prochaine enquête.
Résumé :
Rien ne sert de mourir, il faut savoir disparaître.
Un youtubeur suscite l’engouement en remettant en lumière l’histoire de la Veuve blanche, une tueuse en série aujourd’hui disparue qui a terrorisé Tokyo au début des années 2000.
Lorsque Junichi Kudo, détective privé dont le destin a été broyé par cette femme, apprend que d’autres crimes ont été commis selon le même modus operandi, il décide d’enquêter. Il s’engouffre seul dans le monde des « évaporés », où la Veuve blanche pourrait avoir trouvé refuge. Bientôt, il disparaît à son tour.
Hayato Ishida et Noémie Legrand, de la cellule Sakura, partent sur ses traces. Ils plongent dans les méandres d’un Japon fracturé et mettent au jour un puzzle funeste, où les fantômes d’hier continuent de hanter le présent.
* Une enquête de la cellule Sakura *
Dernière mise à jour le 2026-02-16 / Liens affiliés / Images de l'API Amazon Partenaires







