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J’aime beaucoup ce que propose S.A. Cosby. Son univers de roman noir rural américain, ses atmosphères lourdes et tendues, ses personnages profondément humains et souvent cabossés par la vie. Et Le Roi des cendres ne fait clairement pas exception.

Ce roman est sorti il y a déjà quelque temps et, faute de disponibilité, je l’avais laissé patienter dans ma PAL. D’un côté je regrette un peu : un roman de Cosby mérite qu’on s’y plonge immédiatement. Mais d’un autre, je crois que je l’ai finalement lu au bon moment, celui où j’ai pu lui consacrer toute l’attention qu’il mérite.

Et je ne l’ai pas regretté une seconde.

Roman Carruthers mène une vie confortable à Atlanta où il dirige une société de gestion de patrimoine. Mais lorsque son père est victime d’un grave accident et se retrouve plongé dans le coma, il n’a d’autre choix que de revenir à Jefferson Run, la petite ville de Virginie qu’il avait quittée depuis longtemps.

Sur place, il retrouve sa sœur Neveah, qui tient à bout de bras le crématorium familial, et son frère Dante, paumé, fragile, empêtré dans ses addictions… et surtout dans des dettes contractées auprès d’un gang local. Très vite, Roman comprend que la situation est bien plus grave qu’il ne l’imaginait.

Et qu’il va devoir faire des choix.

C’est toute la force de Cosby : derrière la violence, les trafics, les gangs et la corruption, il raconte avant tout une histoire de famille. Une histoire de fratrie, de loyauté et de culpabilité. Une histoire où l’amour des siens peut devenir un moteur… mais aussi un piège.

Le roman pose une question simple, mais redoutable : jusqu’où est-on prêt à aller pour protéger sa famille ?
Quelles limites peut-on franchir ? Et à partir de quand ne peut-on plus revenir en arrière ?

Les personnages évoluent énormément au fil du récit. On les voit changer, grandir, parfois se perdre un peu aussi. Et c’est ce qui rend cette lecture aussi prenante : on s’attache à eux, on les comprend, puis nos sentiments se nuancent au fur et à mesure que l’histoire avance.

Comme toujours chez Cosby, l’écriture est d’une efficacité redoutable. Tout est très visuel, presque cinématographique. Les scènes défilent comme dans un film, avec cette tension permanente qui monte crescendo.

La violence est bien présente, évidemment. Mais elle n’est jamais gratuite. Elle s’inscrit dans un tableau plus large : celui d’une Amérique rurale en déclin, gangrenée par la pauvreté, les drogues, les trafics et les rapports de force.

C’est sombre, brutal, mais profondément humain.

Encore une très belle réussite pour moi. Et mon exemplaire est déjà prêt pour les Quais du Polar : S.A. Cosby sera à Lyon début avril, et c’est aussi ce qui m’a motivée à sortir ce roman de ma PAL. Impossible d’aller le rencontrer sans l’avoir lu.

Résumé éditeur :

 » Il savait que son frère l`aimait. Il savait aussi que des choses terribles étaient faites au nom de l`amour. Des choses abominables. « 

Roman est à la tête d`une entreprise de gestion de patrimoine florissante à Atlanta. Quand il apprend que son père a été victime d`un accident de la route, il n`a d`autres choix que de revenir à Jefferson Run, la petite ville de Virginie où il a grandi. Là-bas, ce sont des fantômes qui l`attendent : la mystérieuse disparition de sa mère, dont il ne s`est jamais remis ; l`entreprise de pompes funèbres de son père, ses odeurs de mort et de cendres, qu`il n`a jamais supportées.
Il y retrouve aussi sa sœur et son frère, qu`il culpabilise toujours d`avoir abandonnés le jour où il a fui Jefferson Run.
Cet ancien fleuron industriel de l`État est aujourd`hui devenu une ville en perdition, gangrénée par la pauvreté, la violence et la drogue. Lorsque son frère Dante se retrouve impliqué dans une affaire criminelle, Roman va tout faire pour l`aider à en s`en sortir. Il va alors subir de plein fouet la réalité désastreuse de l`Amérique d`aujourd`hui, où une nouvelle génération, sans aucun scrupule et prête à tout, tient maintenant les rues. Il n`est pas au bout de ses surprises : comme dans toute famille qui se respecte, tout le monde cache des choses. Son père a-t-il vraiment été victime d`un accident de la route ? Et la disparition de sa mère est-elle vraiment aussi mystérieuse que tout le monde le croit ?

Avec Le Sang des innocents, lauréat du Grand Prix des lectrices de Elle 2024, S. A. Cosby s`est définitivement imposé comme le nouvel auteur incontournable du roman noir. Il aborde ici le paradis et l`enfer des liens familiaux à travers une intrigue à la fois palpitante et terriblement humaine, qui dresse un état des faits sans concession aucune de l`Amérique contemporaine. On peut parler de chef d`œuvre !

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