C’est toujours un plaisir de retrouver Noam et Noura et de traverser les époques à leurs côtés. Avec Les Deux Royaumes, Éric-Emmanuel Schmitt nous entraîne cette fois en Gaule, puis à Rome et en Palestine, à un moment charnière de l’Histoire.
La Gaule d’avant la conquête romaine, les druides, les clans, la révolte des esclaves menée par Spartacus, les intrigues du pouvoir romain sous Auguste et Tibère… et, en toile de fond, l’émergence du christianisme après la mort de Jésus. Deux visions du monde se dessinent : l’une fondée sur la domination terrestre, l’autre sur une promesse d’égalité et d’espoir. Et, comme toujours, Noam observe, subit, fuit… et survit.
J’ai appris énormément de choses dans ce tome, notamment sur la Gaule et les mécanismes du pouvoir romain. La documentation est extrêmement riche, parfois très dense, et j’ai eu le sentiment que l’Histoire prenait davantage de place que le romanesque. Là où certains tomes précédents m’avaient happée sans effort, celui-ci m’a demandé plus d’attention.
J’ai aussi regretté que le fil du présent soit presque absent. Cette mise en perspective m’a manqué, car elle donnait une résonance particulière aux volumes précédents.
Cela dit, l’ambition de la saga reste impressionnante. Schmitt réussit toujours à rendre l’Histoire accessible, incarnée, jamais scolaire, et les personnages restent un vrai moteur. Noam reste profondément humain, et on retrouve cette réflexion constante sur le pouvoir, la violence, la foi et la condition humaine.
Un tome érudit, exigeant, passionnant par ce qu’il raconte, même s’il m’a un peu moins emportée que d’autres — Soleil sombre restant mon préféré.
Une saga monumentale, à découvrir pour sa richesse et son intelligence.
Résumé éditeur :
La cueillette du gui, un élixir de jouvence cent pour cent gaulois, une assemblée de druides à l’ombre des grands chênes… Le fabuleux monde celtique n’en finit pas d’émerveiller Noam lorsqu’il débarque en Gaule. Mais bientôt l’irruption d’envahisseurs d’un genre nouveau, les Romains, vient bouleverser l’équilibre des forces.
Du célèbre Spartacus, figure de révolte et d’espérance qui défie la République romaine, à l’empereur Auguste et son épouse Livie, nouveaux maîtres de Rome au prix de morts suspectes et de crimes irrésolus, Noam assiste, perplexe, à l’apparition d’une concentration de pouvoir sans limites.
Très loin de là, à Jérusalem, un certain Jésus tient un tout autre discours que celui de Rome. Prônant l’égalité entre tous les hommes, sa parole ouvre un horizon radicalement neuf et suscite un espoir infini. Deux « royaumes » se dessinent : l’un terrestre et hégémonique, l’autre céleste et accessible à tous. Entre ces deux conceptions du monde, Noam devra-t-il choisir ?
D’un romanesque flamboyant et d’une érudition qui coule de source, ce nouveau roman d’Éric-Emmanuel Schmitt embrasse plusieurs civilisations fascinantes et met en présence deux visions de notre condition humaine, qui, sous d’autres visages, s’affrontent encore aujourd’hui.







