Ce roman n’était clairement pas destiné à moi. Je ne lis ni romance, ni young adult, et encore moins de dark academia. Et pourtant, Fou de la reine s’est retrouvé entre mes mains à la suite d’une erreur d’aiguillage de service de presse. Impossible de l’offrir en concours puisqu’il est dédicacé… alors autant le lire. Et découvrir, par la même occasion, un genre qui rencontre un vrai succès auprès des jeunes lecteurs.
Nous sommes à l’académie Castelan, une école d’élite où l’excellence est une obligation et où la pression écrase autant qu’elle façonne. Dans ce microcosme ultra compétitif, un jeu macabre se met en place : derrière un échiquier virtuel, des pièces tombent… et avec elles, des personnes de l’établissement. Élèves, professeurs, direction : personne n’est réellement à l’abri.
Le roman mêle romance, suspense et thriller psychologique, avec une intrigue construite autour des échecs. Si l’idée est originale et accrocheuse, j’ai trouvé que l’aspect « thriller » restait trop survolé. Le scénario fonctionne suffisamment pour maintenir l’intérêt et donner envie de connaître le dénouement, mais il manque, selon moi, de profondeur et de cohérence. Certaines motivations, certains enchaînements ou détails m’ont laissée perplexe, surtout en tant que lectrice habituée aux thrillers plus construits.
Cela dit, ce n’est clairement pas là que réside le cœur du roman.
La vraie force de Fou de la reine, ce sont ses thématiques. Kentin Jarno aborde avec justesse et pudeur des sujets lourds : harcèlement scolaire, troubles alimentaires, violences sexuelles, silence et culpabilité. Rien n’est gratuit, rien n’est sensationnaliste. On sent une écriture nourrie par le vécu, et une réelle volonté de libérer la parole, de mettre des mots sur des réalités souvent tues. De ce point de vue, le roman remplit pleinement son rôle.
Les personnages principaux sont plutôt attachants, malgré des archétypes très marqués propres au genre. La romance est prévisible — et c’est sans doute ce qui est attendu par le lectorat visé — mais elle s’intègre correctement à l’ensemble. Je ne me suis pas profondément attachée aux protagonistes, mais je ne les ai jamais trouvés agaçants, ce qui est déjà beaucoup pour moi dans ce registre.
Je n’ai pas dévoré ce roman, mais je ne me suis jamais ennuyée. Je ne l’ai pas abandonné. J’ai tourné les pages avec curiosité, portée par le suspense et l’envie de comprendre qui se cachait derrière le jeu. Et surtout, j’ai trouvé important ce qu’il raconte, plus que la manière dont il le raconte.
Fou de la reine n’est donc pas un coup de cœur, ni une révélation personnelle. Mais c’est une lecture que je ne regrette absolument pas. Elle m’a permis de sortir de ma zone de confort et de mieux comprendre pourquoi ce type de roman peut être précieux pour des adolescents et jeunes adultes — et même pour des parents.
Et puis, mention spéciale pour l’objet livre : la couverture, les pages, l’esthétique… c’est un très bel ouvrage.
👉 Si tu aimes le dark academia / la romance YA, ce livre peut vraiment te plaire.
Résumé éditeur :
UNE ROMANCE DARK ACADEMIA RIVALS TO LOVERS.
Dans les Alpes suisses, l’académie Castelan forme l’élite de demain aux trois arts nobles : échecs, théâtre et littérature. Églantine, étudiante brillante et discrète, voit sa vie basculer lorsqu’une mystérieuse application d’échecs apparaît sur son téléphone. Le jeu en apparence innocent se révèle macabre : chaque pièce perdue sur l’échiquier virtuel correspond à une personne retrouvée morte sur le campus.
Pour arrêter le coupable, Églantine doit s’allier à son plus grand rival, l’insaisissable et fascinant Riven, dont la proximité fait naître en elle une attirance inattendue. Mais alors que la mort rôde dans les couloirs du château et que chaque professeur, chaque étudiant pourrait être le meurtrier, peut-elle vraiment faire confiance à ce garçon énigmatique ?







