Encore une très belle découverte faite en prévision des Quais du Polar… et clairement, je comprends enfin l’engouement autour de cette autrice.
Cela faisait un moment que j’avais envie de la découvrir, notamment sa célèbre trilogie du Baztán, dont j’entends parler partout depuis des années. Et comme elle était présente aux QDP, je me suis dit que sa nouveauté serait parfaite pour une première approche.
Dans ma tête, c’était simple : un one-shot, un test, et si ça me plaît, je fonce sur la trilogie.
Spoiler : ça m’a plu… mais évidemment, ce n’était pas un one-shot 😅
Celles qui ne dorment pas fait en réalité partie du quatuor Les Vallées Tranquilles, débuté avec En attendant le déluge.
Autant dire que j’ai eu un petit moment de frustration… vite remplacé par une seule chose : je suis repartie des QDP avec le premier tome.
Dans ce roman, on suit Nash Elizondo, psychologue médico-légale, qui participe à des fouilles dans un gouffre en Navarre. À cinquante mètres de profondeur, son équipe découvre une scène troublante : une brebis morte, une guirlande de fleurs desséchées… et le corps d’une jeune fille disparue depuis trois ans.
Une découverte qui relance une affaire déjà jugée, et qui va faire ressurgir toute une série de secrets soigneusement enfouis.
Très vite, l’enquête dépasse le cadre purement scientifique.
Parce qu’on est au Pays basque.
Et que dans ces vallées, les légendes, les croyances et la mythologie ne sont jamais bien loin.
C’est sans doute ce qui m’a le plus séduite : cette ambiance si particulière, à la frontière entre le rationnel et le surnaturel.
Nash, elle, reste profondément cartésienne. Elle avance avec méthode, preuves à l’appui, analyses et raisonnement. Mais tout autour d’elle — les lieux, les silences, les habitants — semble chargé d’une mémoire plus ancienne, presque inquiétante.
Le roman joue en permanence sur cette dualité, sans jamais tomber dans l’excès.
On oscille entre explications scientifiques et récits plus obscurs, et c’est précisément cet équilibre qui rend l’ensemble aussi prenant.
L’intrigue est d’ailleurs très bien construite.
Plusieurs fils se croisent, les informations arrivent progressivement, et chaque élément vient compléter le précédent avec précision.
Ce n’est pas un thriller qui mise uniquement sur les rebondissements spectaculaires : ici, tout se construit par couches, un peu comme une fouille justement. On creuse, on assemble, on doute… jusqu’à ce que tout prenne sens.
J’ai particulièrement aimé cette façon de laisser le temps au lecteur de comprendre, sans jamais le perdre.
Le contexte apporte lui aussi une vraie dimension au récit.
L’histoire se déroule au tout début de la pandémie de Covid, juste avant le premier confinement. Cet élément est loin d’être anecdotique : il influence l’enquête, les déplacements, les interactions, et renforce même, par moments, le sentiment d’isolement et de tension.
Et puis il y a Nash.
Un personnage que j’ai vraiment adoré. Charismatique, brillante, profondément humaine, avec ses failles et ses convictions.
Le genre d’enquêtrice qu’on n’oublie pas une fois le livre refermé. Clairement, elle a tout pour rejoindre ces personnages marquants du polar, comme Sharko, Servaz ou Coste.
J’ai aussi beaucoup aimé les clins d’œil aux autres romans de l’autrice, et notamment à la trilogie du Baztán. Dolores Redondo n’hésite pas à faire dialoguer ses univers, à créer des ponts entre ses récits, et même à se mettre en scène de façon assez maligne.
Cela apporte une vraie richesse à l’ensemble, même si je suis consciente d’être passée à côté de certaines nuances en n’ayant pas lu les précédents.
En résumé, j’ai adoré cette lecture.
Pour son ambiance immersive, son ancrage culturel fort, la finesse de sa construction et la richesse de ses personnages.
Un polar à la fois intelligent, atmosphérique et profondément dépaysant.
Résumé éditeur :
Fin février 2020, lors de fouilles dans le gouffre de Legarrea en Navarre, Nash Elizondo, psychologue médico-légale, et son équipe de chercheurs découvrent à cinquante mètres de profondeur une dépouille de brebis, une guirlande de minuscules roses desséchées et le corps d’une jeune fille : Andrea Dancur, portée disparue depuis trois ans. Parmi ses proches, chacun a quelque chose à cacher, et la silhouette menaçante du grand-père fait obstacle aux confidences. Mêlant approche scientifique et sensibilité aux croyances et aux légendes locales, Nash entame une enquête discrète, soutenue par Amaia Salazar, désormais inspectrice de la Police forale de Navarre. Mais l’annonce du confinement ne va pas lui faciliter la tâche.







