Je referme Le Courant d’air avec un sentiment un peu partagé. J’ai passé un bon moment de lecture, mais je reste malgré tout un peu frustrée. Parce qu’avec un point de départ pareil, ce roman aurait pu être une vraie claque.
Il y a vingt ans, Eve Black a survécu au massacre de sa famille perpétré par un serial killer surnommé Le Courant d’air. Lui n’a jamais été arrêté.
Aujourd’hui adulte, Eve publie un livre dans lequel elle revient sur cette affaire et sur les autres crimes attribués au tueur.
Mais nous, lecteurs, savons déjà qui il est.
Jim Doyle, ancien policier devenu agent de sécurité, tombe un jour sur ce livre dans le supermarché où il travaille… et comprend très vite qu’il parle de lui.
J’ai beaucoup aimé ce point de départ et la construction du roman. Le récit alterne entre les passages du livre écrit par Eve et les chapitres consacrés à Jim, qui le lit et réalise peu à peu que quelqu’un pourrait bien remonter jusqu’à lui.
Ce jeu de miroir est très bien pensé, et le procédé du roman dans le roman fonctionne vraiment bien. Quand je lisais les chapitres d’Eve, j’en oubliais presque que j’étais moi-même en train de lire une fiction.
En revanche, j’ai trouvé le rythme assez irrégulier.
Le début m’a vraiment accrochée : l’idée est intrigante et originale. Mais la partie consacrée aux autres crimes du tueur m’a paru plus monotone, presque répétitive, et j’ai senti mon intérêt retomber avant de revenir dans la dernière partie.
Autre petit regret : j’aurais aimé que la psychologie du tueur soit davantage creusée. Ses motivations sont finalement assez peu explorées et arrivent assez tard dans le récit.
C’est dommage, parce que le roman avait vraiment tout pour aller plus loin.
Ça reste malgré tout une bonne lecture, portée par une idée très efficace et une construction originale. Mais avec un peu plus de tension et de profondeur, ça aurait pu être une vraie dinguerie.
Résumé éditeur :
Longtemps, Eve Black a été « La fille qui… ». La fille de 12 ans qui a réchappé au massacre des siens quand, dans la nuit du 4 octobre 2001, un serial killer s’est introduit dans le pavillon familial, tuant son père, sa mère et sa sœur cadette âgée de 7 ans. Les dernières victimes d’un tueur insaisissable surnommé Le Courant d’air.
Aujourd’hui, près de vingt ans après les faits, Eve Black est la femme qui vient de publier un true crime. Dans ce récit intitulé Le Courant d’air, elle relate la dizaine de crimes commis dans la région de Cork par ce tueur qui n’a jamais été inquiété.
Jim Doyle est agent de sécurité dans un supermarché lorsqu’au cours d’une ronde son regard est attiré par un livre. D’abord intrigué, Jim voit sa colère grandir à mesure qu’il commence sa lecture du Courant d’air. Puis la peur s’empare de lui. Eve serait-elle sur le point de le démasquer ?







