Il y a des romans qui frappent fort, non pas par le spectaculaire, mais par ce qu’ils réveillent et ce qu’ils véhiculent.
Fauves fait partie de ceux-là.
Tony a 17 ans. Il fuit la violence de son père. Sa route le mène sous un chapiteau, dans un cirque où les règles sont dures, les corps soumis à la discipline, les animaux enfermés. Une autre cage. Plus visible. Plus assumée.
Mais Fauves ne raconte pas seulement une fuite.
Il raconte surtout ce que l’on emporte avec soi quand on part.
Le cœur du roman est là : dans ce combat intérieur permanent. Tony lutte contre ce qu’il a reçu, contre cette violence héritée, contre cette virilité brutale transmise comme un modèle. Il veut dompter sans détruire. Être fort sans devenir cruel. Et la frontière est mince, dangereusement instable.
Face aux fauves — et surtout face à Asia, la panthère — tout se rejoue : la domination, la peur, l’attirance, la colère. Les animaux deviennent un miroir implacable : blessés, enfermés, sauvages… comme les hommes qui les entourent. Comme Tony lui-même.
Mélissa Da Costa écrit la violence sans jamais la juger. Elle l’observe, la dissèque, en montre les effets, les répercussions, les transmissions. Elle interroge sur ce que l’on lègue aux enfants, la manière dont on éduque les garçons, et comment certains gestes, certaines paroles, marquent à vie.
L’atmosphère est dense, sensorielle, presque suffocante. On sent la poussière, la tension, le danger latent. Et jusqu’aux dernières pages, le roman avance sans jamais chercher à rassurer. Chaque personnage est enfermé dans sa propre cage, prisonnier de ses croyances, de son passé, de ses contradictions.
Fauves est un texte sombre et puissant.
Un roman sur l’héritage, la transmission, l’animalité.
Un récit profondément marquant, qui interroge et bouleverse.
Ma première lecture de l’année, et un immense coup de cœur 🖤
Résumé éditeur :
« Je veux jouer avec le feu, trembler, sentir la morsure de la mort. Défier les instincts les plus brutaux, les plus sauvages, et les dépasser. »
Comment s’échapper de sa cage ? C’est l’obsession des fauves mais aussi celle de Tony, dix-sept ans, lorsqu’il rejoint un cirque itinérant après avoir fui la violence de son père. Faire face aux bêtes, affronter ses propres démons…
Le nouveau roman de Mélissa Da Costa nous propulse au coeur de l’arène, où l’ivresse du danger fait oublier la mort. Une fresque magistrale, portée par une écriture tendue et charnelle.







