À l’approche de Noël, Benjamin Stevenson orchestre une enquête construite comme un véritable jeu de piste, pensée comme un jeu à lire et à déchiffrer.
Dans ce roman, l’auteur propose une enquête résolument ludique, construite comme un calendrier de l’Avent, où chaque chapitre apporte son indice et nous guide, pas à pas, vers la nuit de Noël.
Même s’il s’agit du troisième tome de la série mettant en scène Ernest Cunningham, la lecture reste accessible sans avoir lu les précédents. On sent toutefois que les relations entre les personnages ont déjà une histoire, notamment entre Ernest, son ex-femme et son entourage, ce qui m’a parfois donné l’impression d’arriver en terrain déjà balisé.
Ce que j’ai le plus apprécié, c’est la construction du roman. La mécanique est bien huilée, rythmée, et pousse le lecteur à jouer avec le texte, à observer, à soupçonner, à se tromper aussi. L’auteur s’amuse clairement avec les codes du roman d’énigme et rend un hommage appuyé aux classiques du genre, Agatha Christie en tête.
L’humour est également très présent, souvent méta, parfois moqueur, et apporte une vraie légèreté à l’ensemble. Le narrateur n’hésite pas à interpeller le lecteur, à commenter les procédés utilisés, à expliquer les règles du jeu tout en les détournant. On est loin d’un polar réaliste : ici, tout est assumé, presque théâtral.
L’intrigue, volontairement dense, peut parfois sembler un peu confuse, notamment à cause du nombre de suspects et des fausses pistes, mais cela fait aussi partie du plaisir. On accepte de se laisser balader, de perdre le fil par moments, jusqu’à ce que les derniers indices s’assemblent et que le déclic se produise.
Ce n’est certes pas le roman de l’année, mais j’ai passé un très bon moment de lecture. Une parenthèse hivernale divertissante, intelligente et originale, qui mise avant tout sur sa construction, son humour et son hommage aux classiques.
Résumé éditeur :
Une fête de Noël qui commence par un meurtre. Six suspects avec un mobile – et un secret. Voire deux. En cette fin d’année, notre détective Ernest Cunningham a fort à faire : une victime qui la veille de sa mort a appelé la police pour annoncer un meurtre (le sien ?), une suspecte couverte de sang qui ne se souvient de rien, un témoin essentiel qui rend l’âme devant ses yeux… Heureusement, il y a quelques indices. Vingt-quatre, pour être précis. Agencés sous la forme d’un calendrier de l’Avent, qui mènera à la nuit de Noël, et peut-être aussi au coupable…







